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Négociation emploi : les positions des partenaires sociaux radicalement opposées (Le Figaro)

lundi 26 novembre 2012

La CGPME n’a pas l’intention de taxer les CDD

Lors de la dernière séance de négociation, la CGPME s’est violemment opposée au Medef qui avait accepté le principe d’une surtaxationdes cotisations chômage sur les contrats précaires (CDD et intérim) en échange d’un assouplissement des procédures de licenciement collectif. Une proposition inacceptable pour les représentants des PME qui ont plus besoin que les grandes entreprises de ces contrats flexibles pour faire face aux évolutions de la conjoncture et ont moins recours aux plans sociaux pour ajuster leur effectif. Cette passe d’armes - inédite en pleine séance - entre les deux principales composantes du patronat a ravi les syndicats qui comptent maintenant en tirer profit dans les discussions à venir. FO opposée à plus de flexibilité

FO essaye de tirer son épingle du jeu de son positionnement central dans cette négociation.

De sa signature dépendra en effet grandement le devenir d’un potentiel accord. Aussi la centrale dirigée par Jean-Claude Mailly tente-t-elle de fixer ses conditions. Primo, elle ne veut pas entendre parler d’une flexibilité supplémentaire pour les entreprises, et notamment d’accords de maintien dans l’emploi (les anciens accords compétitivité emploi) qui permettraient à une entreprise de jouer sur le temps de travail et les salaires pour passer un cap difficile en échange d’un maintien des effectifs. Secundo, elle juge que les procédures de licenciement collectif n’ont pas à être assouplies et milite au contraire pour que les entreprises qui abusent des CDD et des emplois intérimaires soient surtaxées. Tertio, elle n’entend négocier que des droits nouveaux pour les salariés.

La CGT ne signera jamais un compromis

La guerre de succession qui a frappé la centrale de la Porte de Montreuil n’a pas aidé à la définition d’un mandat clair, comme d’ailleurs à la composition d’une délégation qualifiée. Aussi la CGT de Bernard Thibault (ci-contre) assiste-t-elle presque en spectateur aux débats depuis le début du mois d’octobre. Elle se contente d’opposer une fin de non-recevoir à toutes les propositions patronales et à faire traîner en longueur les échanges, sans mettre sur la table la moindre proposition. Même les autres syndicats la jugent hors jeu et ne tiennent plus compte de ses avis. Thierry Lepaon, le futur secrétaire général, n’a pas encore pris la peine de se plonger dans le dossier alors qu’il aura à en assumer les conséquences. Résultat, nul ne sait si la CGT fera valoir ou pas son droit de veto en cas d’accord, même minimaliste. Seule certitude, elle ne le signera jamais, ne serait-ce que pour être en phase avec une base de plus en plus remontée et faire oublier son appel à voter Hollande le 6 mai dernier.

La CFDT veut cogérer les entreprises

En odeur de sainteté à l’Élysée, la CFDT cherche à pousser l’avantage en posant ses conditions. Si elle est ouverte à la mise en oeuvre d’accords de maintien dans l’emploi et reconnaît que les entreprises souffrent d’un déficit de compétitivité, elle veut avant tout arracher des droits supplémentaires en matière de formation, de reclassement ou de protection sociale pour les salariés. Elle exige qu’une place importante soit accordée aux représentants du personnel dans les conseils de direction des entreprises pour bien contrôler l’utilisation que les employeurs feront du crédit d’impôt compétitivité. Le syndicat dirigé par François Chérèque (ci-contre), et à partir de mercredi soir par Laurent Berger, va même jusqu’à revendiquer la cogestion des entreprises avec les patrons et exigera le retrait du pacte de compétitivité de Jean-Marc Ayrault si jamais les partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord. Si sa signature est malgré tout acquise, elle ne suffira pas à valider un probable compromis, même a minima, avec le Medef.

Le Medef souhaite faciliter les licenciements

Le Medef a mis cinq séances pour dévoiler son jeu, mais, au moins maintenant, les choses sont claires. Pour Laurence Parisot (ci-contre), qui suit les discussions comme le lait sur le feu, son organisation ne signera un accord que si les syndicats font un geste en matière de flexibilité. C’est-à-dire en autorisant la mise en oeuvre d’accords de maintien dans l’emploi, en plafonnant les dommages et intérêts des PME en cas de plan social retoqué par les prud’hommes et en assouplissant les procédures de licenciement collectif. Le Medef plaide notamment pour que soient limités les recours judiciaires sur la forme - par exemple pour non-respect des procédures de licenciement - et non sur le fond. L’organisation se dit prête en échange à envisager une surtaxation (mais ultérieurement) des CDD et contrats d’intérim, et à rétablir une forme d’autorisation administrative préalable (mais tacite) au licenciement.

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