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Chapelle Darblay, le papier dans la peau !

10 octobre 2019

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Chapelle-Darblay, c’est quatre-vingt-dix ans de savoir-faire au service du papier, papier journal en particulier, qui permet d’accéder facilement à l’information écrite, pour le plus grand nombre.

Effet de modernité technologique, le support numérique remplacerait à terme le papier, aux dires de certains lobbies à la recherche d’un maximum de rentabilité.

Aujourd’hui, toutes les études le démontrent – y compris le dernier rapport du GIEC sur le réchauffement climatique – l’industrie numérique, la plus polluante de toutes les industries, émet bien plus de gaz à effet de serre que toute l’aviation civile mondiale.

Quant à l’industrie papetière, dans le cadre de norme sociale et écologique telle qu’appliquée dans notre pays et en Europe, elle est l’industrie à l’impact écologique le plus faible.

Après la catastrophe que nous venons de subir récemment à Rouen, nous devons nous poser la question du type d’industrie que nous voulons développer et pour quelle utilité sociale et environnementale.

Les jeunes lisent moins de journaux, indépendamment du support numérique ou papier, mais plus de livres. Mais le papier a encore de beaux jours devant lui et doit être protégé pour les raisons évoquées plus haut, ainsi que pour le travail journalistique et la véracité des informations véhiculées. Le papier reste dans le temps quand les autres supports d’information, en particulier le numérique, peuvent s’effacer rapidement.

On ne compte plus les fausses informations, photos truquées et autres astuces pour faire passer des messages, lancer des rumeurs sur les réseaux qui n’ont rien de sociaux !

Développer l’aspect économique à travers le GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) et les millions d’euros détournés grâce à la publicité, volés à la presse écrite, nous prendrait tout notre temps mais intéressez-vous, si cela vous branche (!) aux géants du web, à peine imposables et créateurs d’emplois « uber » monstrueux…

LE PAPIER A DE L’AVENIR, L’AVENIR C’EST LE PAPIER !

Traditionnellement le papier journal est fabriqué à partir de bois et de pâte de cellulose.

Chapelle va encore plus loin dans la fabrication de son papier journal, puisqu’il est issu du recyclage des papiers, grâce à la collecte organisée par des collectivités locales.

350 000 tonnes environ, sont récupérées par l’usine, dont 7 % d’impuretés, essentiellement plastiques, qui ne traînent pas dans la nature mais sont brûlées dans la chaudière à biomasse, alimentée par les déchets issus de différentes utilisations du bois.

Pour produire ce support de l’information écrite et pluraliste, il faut un personnel hautement qualifié. Nous trouvons à Chapelle plus de quarante métiers qui offrent des débouchés aux jeunes qui sortent des écoles, le rôle sociétal de l’industrie.

NOTRE MATIÈRE PREMIÈRE

Le papier recyclé : nous recevons et traitons 350 000 tonnes/an de vieux papiers.

Nous sommes sous contrat avec plus de 200 collectivités locales, contrats qui génèrent des retombées économiques importantes pour elles, permettant de contenir les impôts.

La consommation journalière approche les 1000 tonnes, avec un rendement de 70 % environ. La capacité de stockage des MPR (Matières premières recyclables) avoisine les 20 000 tonnes, dont une partie à l’extérieur du site.

LA FABRICATION DU PAPIER JOURNAL

La machine 6 mesure plus de 8 mètres de large pour une vitesse de 1 500 m/mn, ce qui en faisait la plus grande d’Europe en 1986, lors du démarrage.

Elle tourne en continu 24 heures sur 24, 365 jours par an, sauf le 25 décembre, le 1er janvier et bien sûr le 1er mai.

240 000 tonnes de papier journal standard ou amélioré, sont produites chaque année.

La machine 3, arrêtée en 2015 par UPM, mise en sécurité depuis, produisait du journal standard et était spécialisée dans le journal couleur, les pages intérieures souvent économiques que vous trouvez dans les journaux (haute technologie peu maîtrisée encore aujourd’hui).

Signalons ici que le personnel, le 19 juin 2015, a procédé à son arrêt dans les règles de l’art, pour son redémarrage éventuel, un jour…

Les bobines sortant des deux bobineuses passent ensuite à l’emballage automatisé (un seul opérateur) pour être emballées à l’aide de macules et de fonds en carton. Capacité 600 bobines par faction de 8 heures.

Consommation de matières d’emballage :

Environ 70 tonnes par mois de consommables macules, fonds cannelés et fonds thermo, étiquettes, etc.

LA LOGISTIQUE

130 camions par jour, en moyenne, entrent et sortent de l’usine, se répartissant entre 1/3 d’arrivage de consommables bois pour la chaudière, 1/3 de vieux papiers, 1/3 de bobines qui partent dans le monde entier.

Nous livrons nos imprimeurs en France (20 %), en Europe (30 %) et dans le reste du monde (50 %), selon les chiffres de juin 2019. C’est-à-dire que seulement 70 000 tonnes fournissent les imprimeries françaises sur un marché de 300 000 tonnes ! Ajoutons les quelques livraisons d’autres matières et produits chimiques, pour être exhaustifs. Les livraisons de vieux papiers sont en majorité en balles aujourd’hui, mais également en vrac.

LA CHAUDIÈRE A BIOMASSE

UPM a bénéficié, en 2006, de l’appel d’offres gouvernemental pour construire sa chaudière et profiter du rachat d’électricité verte ainsi produite grâce à la turbine de 20 MW alimentée par la vapeur.

Un rapport juteux pour UPM, qui engrange les millions pour les réinvestir sur d’autres marchés porteurs, aujourd’hui, au détriment de son site papetier !

UPM revend également ses quotas de CO2, en millions d’euros, sans scrupule et toujours au détriment de son site papetier.

La chaudière est alimentée en plaquettes de bois et bois de déconstruction (500 à 600 t/j), en boues de désencrage 250 t/j) et en DTR (déchets plastiques).

Elle produit également 800 à 900 m3 d’eau déminéralisée.

Avec 5 compresseurs, il est produit mensuellement 1,9 à 2 millions de m3 d’air nécessaires au fonctionnement de tous les appareils, qu’ils soient de la production ou de la sécurité du site.

LA STATION D’ÉPURATION

Elle pompe l’eau de la Seine nécessaire aux différents process, environ 36 000 m3/ jour et en rejette presque autant, l’eau étant plus claire à la sortie qu’à son entrée. Chapelle participe ainsi au processus de clarification de la Seine.

UN PERSONNEL HAUTEMENT QUALIFIÉ

218 personnes travaillent actuellement à Chapelle Darblay dont 23 cadres, 100 DTAM, 4 employées et 91 ouvriers.

Plus de 40 métiers différents sont nécessaires à la fabrication de notre papier.

Les grandes familles en sont la maintenance, la papeterie, la logistique, l’informatique, l’administration.

Dans le détail, il faut de nombreuses années de formation dans des domaines comme l’automation, l’hydraulique, le pneumatique et l’électricité, pour régler la machine à papier.

Les papetiers se chargeant, eux, de « former » la feuille pour l’envoyer aux bobineuses. De nombreuses années également sont nécessaires pour sentir sa machine ;
« rupture », « déchirure », « profil » sont les termes couramment utilisés.

Sont intervenues ces deux dernières années, au moins 600 entreprises extérieures, dont plus de cinquante sous contrat. Notons que nous avons toujours un restaurant d’établissement qui accueille aussi des entreprises environnantes.

La disparition de Chapelle entraînerait dans sa chute toutes ces sociétés qui participent d’amont en aval à la fabrication de notre papier.

L’industrie en général et la nôtre en particulier ne doivent pas être assimilées à la pollution, la puanteur, la salissure, le bruit, les contraintes, mais à des débouchés professionnels avec lesquels chacune et chacun peut encore s’épanouir !

Les portes ouvertes que nous organisons régulièrement en témoignent.

Note rôle, notre responsabilité sont aussi d’exiger de l’entreprise qu’elle remplisse son rôle sociétal à travers l’emploi des personnes handicapées, stagiaires, seniors…

Il y a environ cinquante ans qu’on ne détruit plus les forêts pour fabriquer du papier et aujourd’hui la sylviculture, par exemple, permet au contraire de régénérer et d’entretenir les espaces forestiers.

Se pose-t-on les mêmes questions sur la culture du maïs dans des régions arides ? Sur les millions d’hectares de céréales destinées à nourrir les élevages industriels ? Ou plus simplement sur nos sapins de Noël ?

Rien ne peut justifier un arrêt de production à Chapelle, et la Filpac CGT mettra tout en œuvre pour empêcher cet affront au monde du travail.

MOBILISATION

La Fédération, le syndicat de Chapelle et toutes les instances de la CGT (UD  Seine-Maritime, région Normandie) vont interpeller les ministères de l’Économie, de l’Écologie, de la Culture et toutes les parties prenantes – dont les éditeurs – pour proposer des solutions de reprise et imposer au groupe UPM de vendre ce fleuron de l’industrie papetière.

On ne peut légitimement pas laisser un groupe comme UPM faire ce qu’il veut, alors que son seul but dans cette opération est de créer artificiellement une pénurie pour augmenter les prix et surtout les dividendes des actionnaires.

La Filpac CGT et le Syndicat de Chapelle proposent de mettre tout le monde autour d’une table afin de définir le choix de structure collective qui puisse reprendre la papeterie de Chapelle.

En effet la sauvegarde de cette papeterie n’est pas seulement une question industrielle et de suppression de plusieurs centaines d’emplois, c’est aussi une question d’écologie et de démocratie.

Le prix du papier est le deuxième poste dans la fabrication de la presse et de ce fait UPM, par ce choix, joue avec l’avenir de certains titres de presse.

La fermeture de Chapelle obligerait les éditeurs à s’approvisionner en dehors du territoire national, ce qui fragiliserait toujours plus un secteur crucial de l’information pluraliste destinée aux citoyens.

Rien ne justifie la fermeture de la papeterie, si ce ne sont d’obscures motivations d’enrichissement de quelques actionnaires déjà bien gavés.

Plus que jamais la bataille pour nos emplois, pour notre environnement, pour la culture et l’information du plus grand nombre, se heurte à l’appétit vorace de profit d’une poignée de rentiers.

Rejoignez largement notre combat car c’est le vôtre !

LA PAPETERIE CHAPELLE
DARBLAY, SYMBOLE D’UNE
INDUSTRIE D’AVENIR

À l’heure d’une crise environnementale d’une gravité jamais connue dans l’histoire de l’humanité, les choix que nous faisons aggravent ou amortissent l’impact de cette crise sur nos vies, actuelles et futures.

Les multinationales, comme UPM, qui continuent de jouer à la mondialisation de l’économie, en délocalisant leurs usines dans des pays aux normes environnementales et sociales moins-disantes pour tirer toujours plus de profits, doivent être condamnées et leurs biens confisqués.

Pas plus tard que cet été en Uruguay, dans la communauté de Ambiental de Gualeguaychú, l’ensemble de la population concernée par l’implantation d’une nouvelle papeterie UPM s’est mobilisé contre ce projet. UPM a pollué à plusieurs reprises le fleuve Uruguay, déboisé la forêt vierge, expatriant des populations indigènes par centaines.

UPM, FAUX ECOLOGISTE, VRAI POLLUEUR

Ce groupe finlandais, qui affiche dans son pays une virginité écologique, se comporte comme le pire des pollueurs à l’autre bout de la planète, en particulier en Amérique du Sud.

En fermant des capacités de production en Europe, UPM cherche à augmenter ses profits par la délocalisation de ses productions.

Le gouvernement et l’Europe devraient porter plainte contre de tels groupes qui détruisent notre planète !

Mais, les lobbies de ces géants mondiaux et les intérêts particuliers opèrent comme une gangue autour de l’action publique et soumettent les États.

Pourtant l’industrie papetière, plus que toute industrie, quand elle est encadrée par des normes environnementales et sociales de haut niveau, est une industrie vertueuse au niveau de l’environnement et peut contribuer au développement durable.

LE PAPIER EST LE PRODUIT NATUREL QUI SE RECYCLE LE PLUS FACILEMENT

En effet, le papier se recycle le plus grand nombre de fois (7), quand le verre est limité dans son recyclage et le plastique ne peut l’être qu’une fois dans des conditions très particulières. Le papier est le support par excellence de la transmission de la connaissance et de la culture. Il participe à la vie démocratique par les journaux. En cela, le projet de fermeture par le groupe UPM de la papeterie dite de la Chapelle Darblay est un non-sens économique, met en danger la presse d’information dans notre pays, supprime des milliers d’emplois dont ceux de la sylviculture.

Tous ensemble, défendons une industrie d’avenir essentielle au développement économique de la région, respectueuse de l’environnement.

La CGT Chapelle Darblay et le personnel sont décidés à tout tenter pour redynamiser le site avec un projet industriel d’envergure, assurant de l’emploi au plus grand nombre.

Le bassin d’emplois rouennais a déjà trop souffert !