EstMédia-CGT

Comptes améliorés, conditions de travail détériorées

28 janvier 2022

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Situation économique de l’UES à fin décembre 2021

C’est avec un large sourire et les yeux pétillants que Christophe Mahieu a dévoilé les chiffres pour 2021.

L’Est Républicain termine l’année à + 507 K€ et la Liberté de l’Est à + 62K €, « cela ne m’était jamais arrivé depuis que je suis ici », claironne le directeur général.

Il s’est, néanmoins, vite rattrapé en rappelant que « nous avons encore des fonds propres largement déficitaires et que notre EBE (excédent brut d’exploitation), véritable indicateur de la capacité de nos entreprises à investir et à continuer l’activité était encore en négatif ».

Pour l’EstMediaCGT, ces résultats sont dans la ligne droite de la saison 1 de Philippe Carli avec en point d’orgue les restructurations aboutissant aux créations d’Ebra Média Lorraine Franche Comté et d’Ebra Services. S’ils sont surtout le résultat de la forte implication des salariés, ils sont aussi responsables de la dégradation générale des conditions de travail pour tous les secteurs de nos entreprises. Manque d’anticipation, non remplacement des partants, désorganisations à tout va ont été le quotidien des salariés tout au long de 2021.

Publicité

Un chiffre d’affaires en hausse de 9,24 % à l’ER et 10,3 % à VM pour 2021. Ce qui place la régie pub à + 1 M€ de résultat net. Par contre, même si cette entreprise n’a pas vocation à faire du bénéfice, cette somme ne sera pas redistribuée aux salariés mais rebasculée dans les fonds propres négatifs depuis la création en 2020. Les salariés apprécieront.

Diffusion ER et VOM

Mention spéciale pour Vosges Matin en termes de diffusion qui termine l’année à +2,55 %. Si l’effet augmentation du prix est un élément qui compte dans ce résultat, cela n’enlève en rien à la performance des ventes.

Pour les deux journaux la direction générale se dit assez préoccupée par la baisse de la vente au numéro.

Web

Malgré un nombre d’abonnés payants qui progresse de mois en mois pour les deux sites de l’UES, la direction a reconnu un souci concernant la publicité locale. « Nous avons du mal à la développer, c’est un vrai point de faiblesse », a souligné Christophe Mahieu.

Aurait-on atteint les limites de ce que le web peut nous rapporter ?

Aération des agences et prestation Dalkia

L’étude sur l’aération dans les accueils des agences est en cours. Un état des lieux a été demandé à Dalkia. Visiblement le nettoyage des VMC qui doit être fait régulièrement ne l’est pas partout. Etonnant de la part de la direction de payer une prestation sans la contrôler ! Avec un banquier actionnaire principal, cela peut laisser perplexe sur la gestion quotidienne de l’entreprise.

Sécurisation du site et des agences

Le dossier avance doucement… Depuis le 1er janvier un garde est présent 24h/24 et 7jours/7 à Houdemont. La porte d’entrée n’est pas encore sécurisée en raison de soucis de badge récurrents depuis décembre mais le grillage allant du portail au terrain de foot est en commande. Les élus de l’EstMédia CGT ont une nouvelle fois mis le directeur général face à ses responsabilités. Un diagnostic effectué par les services de police de la préfecture en février 2021 a mis en évidence toutes les lacunes en termes de sûreté du site. Ce rapport est entre les mains du responsable sécurité de l’UES depuis bientôt un an. Les élus ont une nouvelle fois invité Christophe Mahieu à en prendre connaissance.

Pour faire avancer les choses, une seule solution : monter un vrai projet, le budgétiser et établir un calendrier. Les élus de l’EstMédia CGT ne lâcheront pas ce dossier pour que les salariés travaillent dans des conditions optimales de sécurité. Il en sera de même dans les agences. Si des portes et des gâches se mettent en place là où cela manquait il reste encore des choses à faire. Notamment contacter le référent sûreté des préfectures afin de le convier à une visite de chaque agence pour diagnostiquer les points faibles. Les élus de l’EstMédia CGT ont fait cette demande depuis plusieurs mois, là-encore les choses sont au point mort.

Télétravail

A partir du 2 février la direction générale a décidé de faire appliquer l’accord QVT incluant le télétravail, ce qui de fait va le limiter à 2 jours par semaine ou 24 jours dans l’année, et ce sur la base du volontariat. La direction n’avance pas masquée puisqu’elle suit les recommandations gouvernementales (ne plus imposer le télétravail mais le conseiller fortement). Les élus se sont étonnés de cette précipitation à vouloir remettre les gens dans les services et agences. Avec 27 cas Covid et 7 cas contacts à l’ER, un cas Covid et un cas contact à VM depuis le 17 décembre cette décision serait prise, selon Christophe Mahieu, pour répondre à une demande forte des salariés de revenir à leur poste. Face à l’inquiétude des élus il s’est montré nuancé en disant que l’organisation mise en place par les chefs devait relever du bon sens.

Si Christophe Mahieu le dit…

Conditions de travail / Mesures thermiques et acoustiques

Rotativistes et expéditionnaires sont désormais dans le même bateau et travaillent dans des conditions déplorables. Bruit et froid rythment les nuits de travail de ces salariés. Les ouvriers travaillent dans des locaux où les mesures acoustiques s’affolent : 108 décibels auraient été relevés. Quand on sait qu’il n’est pas possible de travailler au-dessus de 70 décibels sans prendre de risques pour sa santé cela fait froid dans le dos. Les polaires et écharpes devenues les accessoires de mode indispensables dans le nouveau bâtiment ne peuvent malheureusement pas arranger les choses. Des problèmes qui ont pourtant été soulevés par les élus avant la construction du bâtiment. Une fois encore la direction n’en a pas tenu compte, et n’a pas non plus entendu les travailleurs de la base.
Face à ces conditions de travail intolérables, les élus de l’EstMédia CGT ont demandé à la direction de trouver rapidement des solutions collectives pérennes.

Rédaction

Les effectifs à la rédaction… Un serpent de mer qui revient à chaque CSE. Et face aux élus une direction qui ne semble pas mesurer l’ampleur du problème. Ou plutôt qui fait mine de l’ignorer et fait semblant de le comprendre. Le nombre d’arrêts maladie est en constante hausse, celui des CDD signant dans les titres de l’UES pour les compenser en constante baisse. Des postes structurels ne sont toujours pas pourvus, faute de candidats ou par manque d’anticipation. Résultats :  des équipes qui tournent à effectif réduit, des plannings revus et corrigés maintes fois…. Ajouter à cela des embauches en CDI sur des postes pour lesquels aucun appel d’offre n’a été envoyé et vous avez le combo idéal pour démotiver les troupes.
Sébastien Georges se défend en expliquant que les jeunes ne sont pas attirés par nos titres, ni par des postes dans les petites villes. Comment faire pour les attirer et les retenir ? La direction a balayé d’un revers de main les propositions faites par les élus (défraiement des kilomètres, aides pour trouver un logement, indemnités repas…). La direction serait en train de travailler sur le sujet afin de trouver comment rendre nos titres attractifs.

Il y a urgence à trouver LA solution miracle.

Dernière minute :
l’intéressement sera déclenché

Les objectifs étant atteints l’intéressement sera déclenché pour les salariés de l’ER et de VOM. Ce dernier sera versé après l’assemblée générale des actionnaires en juin.
La somme sera ou non versée sur un Plan d’Epargne entreprise selon le souhait de chacun. Pour l’EstMédia CGT ce sont les efforts de tous qui ont permis d’arriver à ce résultat.
Le résultat est positif pour les comptes de l’entreprise mais à quel prix pour les salariés ?
Celui de travailler dans des conditions qui se détériorent de jour en jour par manque de personnel.
Un prix bien supérieur à celui de la prime.