Filpac-Cgt

UNIDIS – CFDT – FO – CGC
Main dans la main…
Sauf pour partager équitablement les risques et les bénéfices !

15 mai 2020

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Dans le cadre de la pandémie COVID-19, certaines organisations syndicales représentant les salarié.e.s ont décidé de signer, le 12 mai 2020, un communiqué commun avec le syndicat des patrons Papier/Carton, l’UNIDIS.

La Filpac-Cgt, l’organisation majoritaire des branches du Papier/Carton, n’a pas souhaité parapher ce texte.

Pourtant, sollicitée par l’UNIDIS, notre organisation syndicale avait accepté de prendre part aux réunions de travail téléphoniques organisées par le syndicat patronal pour revoir les organisations de travail mises en œuvre dans les entreprises du secteur depuis le début de la crise sanitaire, afin d’améliorer les conditions de sécurité des salarié.e.s.

Ce communiqué est donc issu d’un texte proposé par l’UNIDIS, amendé à la marge par les organisations syndicales représentatives de branches. Alors pourquoi avons-nous refusé de signer le communiqué final ? Tout simplement parce que l’UNIDIS n’a pas voulu prendre en compte la position de la CGT !

 

Un texte sans matière
Tout d’abord, si ce texte passe effectivement en revue les moyens à mettre en place pour assurer la protection des salarié.e.s d’un point de vue sanitaire, il n’apporte rien de plus aux travailleuses et travailleurs du secteur que les mesures déjà détaillées dans le texte officiel du gouvernement, Protocole national de déconfinement.

La Filpac-Cgt le trouve donc tout à fait insuffisant et même contre-productif par rapport aux réalités de terrain.

Comme un certain nombre de syndicats CGT ont obtenu des mesures plus protectrices que celles définies dans ce protocole, la Filpac-Cgt considère que les mesures de branche pourraient même devenir un frein aux négociations menées par nos militants syndicaux au sein des entreprises ! Il est essentiel que les mesures sanitaires soient adaptées à la situation de chacune d’elles et qu’elles ne puissent pas être limitées par un texte de branche aussi peu ambitieux et complètement déconnecté de la vie des entreprises.

La sécurité en jeu
Le patronat cherche depuis le début de cette crise à échapper à sa responsabilité première, celle d’assurer la sécurité des salarié.e.s. Il tente donc, par la mise en place de cette « cogestion du risque sanitaire », de reporter sur les syndicats de salarié.e.s la responsabilité des conséquences que pourraient générer des mesures de protection sanitaires insuffisantes, imposées au personnel de la branche. On observe d’ailleurs le même phénomène au niveau des entreprises où les directions tentent de se décharger de toute responsabilité, en utilisant de façon malsaine les institutions représentatives du personnel.

D’ailleurs, l’augmentation du nombre de réunions, alors que dans d’autres périodes il est si compliqué d’obtenir des moments d’échanges et de négociations avec nos patrons, nous prouve bien que cette stratégie de l’évitement et de refus d’assumer les risques est à l’œuvre.

La Filpac-Cgt refuse d’être instrumentalisée et continuera d’agir pour que les patrons du secteur assument les effets que leurs décisions, décidées et appliquées pour raisons économiques, produisent sur les travailleuses et les travailleurs de nos branches.

La raison première de ce déconfinement à la va-vite est économique et, même si la circulation du virus se réduit, nous sommes loin d’en avoir fini avec lui. Pourtant, une fois de plus le Medef et ses sous-fifres usent et abusent de leur influence sur les gouvernants afin de permettre aux grands groupes industriels de continuer leur course aux profits sans avoir à se soucier de la santé des salarié.e.s.

L’écran de fumée de « l’industrie indispensable »
La branche Papier/Carton n’est pas la plus touchée par la crise économique due au coronavirus. Nos entreprises ont, pour une grande majorité, maintenu leur activité et certaines font même face à un fort accroissement de leur activité.

Nos activités ayant été qualifiées d’indispensables à la vie de la Nation par de nombreux préfets, certaines usines ont pu tourner à plein régime, avec des mesures de protection minimales, pendant la période de confinement. Pour autant, cette qualification d’industrie indispensable à la vie de la Nation n’a pas empêché les PSE de se mettre en place et les fermetures de sites de continuer, par exemple à Grand-Couronne pour l’usine UPM Chapelle Darblay.

L’opportunité de dérégulation
Depuis quelques semaines, les déclarations d’organisations patronales, de think tank ou d’instituts plus nauséabonds les uns que les autres se succèdent pour tenter de nous convaincre de l’indispensable nécessité de travailler plus, de renoncer à une partie de nos repos et congés et d’accepter d’être corvéables à merci.
Tous ces sacrifices seraient soi-disant indispensables pour sauver l’économie et l’emploi.

C’est le maintien de l’emploi dans de bonnes conditions de travail et de rémunération qui anime tous les militants syndicaux de la CGT. C’est donc écœurés et scandalisés par ce cynisme opportuniste patronal qu’ils assistent à cette tentative de déréguler encore plus le monde du travail et d’attaquer les conquis sociaux en tirant parti de la crise sanitaire et du désarroi de la population.

Ici, ce sont les grandes surfaces qui profitent de la crise pour ouvrir le dimanche sans personnel, avec des caisses automatiques, là, les travailleuses et les travailleurs indispensables à la survie des citoyens qui risquent leur santé et parfois leur vie et celle de leurs proches qu’on oblige à travailler dans des conditions inimaginables. Et tous ces laissés-pour-compte du déconfinement : commerçants, restaurateurs, artisans, travailleurs précaires…

La Filpac-Cgt pense au contraire que cette pandémie mondiale prouve que ce monde construit sur une économie libérale de marché est totalement responsable des crises sanitaires, économiques et environnementales que nous subissons ces dernières années. Elle affirme qu’Il faut sortir de cette mondialisation du profit et de la consommation exponentielle pour construire un monde fondé sur le partage et la solidarité, sur l’humain et la préservation de la planète.

Un dialogue social amélioré ? Quel dialogue social ?
Le gouvernement et les patrons nous laissent entendre que le dialogue social doit être amélioré en cette période de crise sanitaire.
Pourquoi plus aujourd’hui qu’hier ?
Et qui s’emploie depuis des années à le détruire alors que ce dialogue social, s’il avait été loyal et sérieux, aurait pu réduire considérablement l’impact de ce virus dans nos entreprises ?
Améliorer le dialogue social est effectivement une nécessité mais pas uniquement le temps de cette crise et pas aux seules conditions patronales !

Car dans ces conditions, comme pour ce communiqué insipide, ce sera sans la Filpac-Cgt !