Filpac CGT / Syndicats CGT PQR Ebra
Comité de groupe Ebra : “Des choses vont bouger”
12 février 2026
• Montreuil, le 12 février 2026
« Depuis mon arrivée, j’ai fait pas mal de visites au sein des 9 titres du groupe. Cela me nourrit pour avoir un plan stratégique à vous présenter quand il sera terminé. Aujourd’hui, je vais vous dire la façon dont je vois l’avenir pour pérenniser le groupe Ebra ». Pour la majorité des salariés du groupe qui attendaient l’annonce d’un « plan de transformation », l’introduction de Sophie Gourmelen ne peut que les laisser sur leur faim. « On se reverra courant 2026, quand je serai prête ». En guise de feuille de route, Sophie Gourmelen s’est contentée de rappeler ses propos lors de sa tournée de présentation : « le retour à la rentabilité est nécessaire pour avoir une indépendance économique ». Pour atteindre cet objectif et « avoir une pérennité de notre modèle économique », elle travaille sur trois axes prioritaires : éditorial, développement et adaptation de l’organisation avec une vision à 3, 5 et 10 ans.
Editorial
« Nous faisons plus de 3 000 articles par jour et l’enjeu n’est pas de produire plus, mais mieux en concentrant nos moyens sur ce qui a de la valeur ajoutée ».
D’après une étude effectuée par le cabinet Georges, nos journaux sont en décalage avec les attentes des lecteurs, notamment autour des sujets sur le pouvoir d’achat, la santé, la sécurité, le transport, le logement. Les informations générales venant d’Ebra Infos sont souvent « sans rapport avec l’actualité régionale et le sport ne recueille pas les audiences voulues ». Pour y remédier, une nouvelle formule est en cours d’élaboration pour les journaux du groupe sans volonté d’uniformisation des chemins de fer selon Sophie Gourmelen.
L’augmentation de l’audience est primordiale « il faut qu’on se rassemble pour aller plus loin » explique la directrice générale. « Trop de magazines et suppléments dispersent nos moyens et ne sont pas rentables », « mais s’il y a un intérêt éditorial, on fera quand même ». Tout et son contraire dans la même phrase. « Grâce à l’IA, on doit pouvoir mieux répartir les tâches pour simplifier et faire des contenus à audience qualifiée ».
Pour les membres Filpac CGT du groupe Ebra, beaucoup de banalités maintes et maintes fois entendues sans de réelles avancées concrètes pour conserver et développer notre lectorat. Le danger dans cette volonté de vouloir une rentabilité économique à tout prix, est que cela influe sur la ligne éditoriale.
Développement
Côté numérique, « il faut augmenter nos abonnés digitaux ». Concernant les activités événementielles via Ebra Events et les sites numériques comme Numerama et le petit nouveaux Clubic, « On est à 10 % de revenus groupe, on doit atteindre 25 % ». « Le maillage territorial de nos titres est un atout majeur » poursuit Sophie Gourmelen. Dans cette optique une opportunité de porter des titres tiers se profile. Et d’ajouter « Mais pour cela, il faut des gens sur le terrain ».
Pour les membres Filpac CGT du groupe Ebra, la question du portage de presse est essentielle. En effet, à quoi bon avoir un journal en phase avec les lecteurs si personne ne le distribue. La volonté de mettre des gens sur le terrain n’as pas dû être bien comprise par certaines directions de pôles qui privilégient la réorganisation plutôt que le maintien des effectifs sur ce même terrain. Bizarrement, le gel des embauches a été démenti par la directrice générale qui laisse « carte blanche » aux directions. Politique zélée de certains dirigeants pour se faire bien voir ?
Adaptation de l’organisation
« On regarde toutes les lignes de coûts du groupe Ebra (…) il faut adapter notre outil industriel à la baisse des volumes (…) on aura des réflexions sur l’ensemble des salariés du groupe courant 2026 ». Et Anthony Choumert, le directeur général délégué d’expliquer : « Chaque entité du groupe doit être rentable seule ». En clair, plus de soutien des éditeurs au retour à l’équilibre d’Ebra Services, malgré les promesses et engagements pris à sa création et d’Ebra Médias. Une source d’inquiétude supplémentaire pour les salariés de ces deux filiales.
Pour les membres Filpac CGT du groupe Ebra, la volonté de structurer le groupe avec une autonomie financière de chaque titre ou société est l’information majeure de cette réunion. Cette autonomie va déterminer la suite des opérations qui touchera toutes les catégories de salariés du groupe en 2026. La suite de cette réunion de comité de groupe peut se résumer à des constats dénoncés depuis des années par la Filpac CGT dans les différentes instances, notamment en CSE, sans véritable prise en compte des diverses directions.
Prochain comité de groupe : le 2 avril 2026 (Présentation des comptes par le cabinet d’expertises SECAFI). •


