UNI-Global Union

Message de la Secrétaire générale

6 avril 2020

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Nyon, le 30 mars 2020

 

A tous les affiliés d’UNI
Aux membres (titulaires et suppléants) du Comité exécutif mondial d’UNI

Message de la Secrétaire générale d’UNI Global Union

Chères amies, chers amis,

Nous nous trouvons toutes et tous dans une période particulièrement stressante. Nous nous inquiétons pour nos familles, nos amis, notre entourage. Nous nous demandons à quoi ressemblera le monde post-COVID-19. Pour celles et ceux qui ne disposent pas de revenus assurés, de soins de santé et d’un travail sûr, il s’agit d’un cauchemar. De plus, une partie toujours croissante de la famille UNI se trouve maintenant sous une forme de confinement, sans savoir quand cela se terminera. Certains ont été priés de travailler à la maison, d’autres n’ont pas de travail du tout.

Un grand nombre de membres d’UNI sont en première ligne et sont exposés à de grands risques. Les travailleurs qui s’occupent des personnes âgées, les nettoyeurs et les agents de sécurité, les travailleurs des supermarchés et de tous les centres, les postiers, sont tous essentiels pour la société. Chaque jour, ils font face courageusement au risque d’être infectés.

D’autres voient leur carrière et leur avenir mis en suspens. Dans le domaine de la production télévisuelle et cinématographique, les activités ont été interrompues. Quant aux joueurs de World Players, ils ont perdu toute une saison dans certains sports.

Au cours des dernières semaines, UNI a multiplié les contacts avec ses affiliés afin de connaître la situation sur le terrain. Nous voulons partager vos succès et vous soutenir dans vos combats pour protéger vos membres. Nous voulons faire valoir notre pouvoir collectif dans nos secteurs afin de mettre en place des normes qui s’appliquent aux travailleurs du monde entier. Le coronavirus ne connaît pas de frontières et nos défis exigent des solutions mondiales.

Il y a environ deux semaines, avant que le virus ne se propage aussi largement sur tous les continents, UNI a lancé une enquête auprès de ses affiliés pour prendre le pouls et mieux comprendre la situation. Plus de 170 syndicats ont pris part à l’enquête, représentant près de 5 millions de travailleurs, dans plus de 60 pays, sur les cinq continents et dans tous les secteurs, ce qui a dépassé toutes nos attentes. Ce que nous avons appris n’est pas tellement surprenant : les syndicats font bouger les choses et améliorent la situation des travailleurs du monde entier. Le rapport de l’enquête est disponible ici.

Nous savons que vous relevez le défi et que vous vous battez pour vos membres en cette période périlleuse. 90% d’entre vous ont déclaré que vous jouez un rôle actif en communiquant avec vos membres afin de prévenir la propagation du nouveau coronavirus. (Et beaucoup d’entre vous n’avaient pas encore été touchés par le virus).

Plusieurs millions de travailleurs ont déjà perdu leur emploi. Dans une telle situation, la sécurité financière est cruciale et le fait d’avoir un syndicat fait toute la différence. Plus de 90 % d’entre vous ont répondu que certains de vos travailleurs touchés reçoivent un salaire complet grâce à une convention collective qui prévoient les cas de fermeture du lieu de travail, de quarantaine ou d’autres interruptions. Nous savons que beaucoup d’entre vous ont également fait pression sur leurs employeurs pour qu’ils augmentent le montant que les travailleurs mis au chômage ou en congé recevront grâce aux programmes gouvernementaux. Et de nombreux syndicats de notre secteur MEI ont négocié différentes formes de protection du revenu pour les travailleurs indépendants.

La pandémie signifie également que des millions de membres de syndicats travaillent à domicile. Plus de 50 % ont déclaré que leurs membres, lorsqu’ils travaillent à domicile ou à distance en raison du COVID-19, avaient spécifiquement le droit de se déconnecter, ce qui signifie qu’ils ne sont pas censés être « toujours connectés » pendant la crise.

Beaucoup de vos membres travaillent soit dans de grands centres soit dans des emplois en contact avec le public. Plus de 60 % d’entre vous ont déclaré que vos membres étaient confrontés à une pénurie d’équipements de protection individuelle, tels que des masques et des gants. Il s’agit notamment des nettoyeurs, des employés du commerce de détail, des travailleurs des centres d’appel et des professionnels de la santé. Et parmi ceux qui sont encore au travail, on leur demande d’effectuer de longues heures et de travailler le week-end. Quinze pour cent d’entre vous ont signalé une demande d’augmentation des heures de travail, notamment dans les secteurs des supermarchés, du nettoyage, des centres d’appel, de la poste et des soins de santé.

Enfin, les syndicats du monde entier travaillent sans relâche pour faire appliquer les conventions collectives ainsi que pour inciter gouvernements et employeurs à mettre en place de nouvelles protections pour la santé et les moyens d’existence des travailleurs. Plus de 70 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles faisaient actuellement campagne pour obtenir des congés de maladie payés, une formation supplémentaire en matière d’hygiène et de santé et/ou des équipements de protection.

Nous devons également insister pour que les avancées que nous réalisons aujourd’hui soient pérennisées, notamment en matière de congés de maladie et de soins de santé. Vous êtes 83 % à prévoir de réclamer des réformes permanentes telles que des lois en matière de santé et de sécurité et l’extension des congés de maladie payés.

La quasi-totalité du personnel et de l’équipe dirigeante d’UNI travaille désormais « depuis la maison”. Mais cela ne signifie pas que nous cessons de représenter les intérêts de nos nombreux et divers membres. Nos secteurs recueillent les meilleures pratiques et négocient activement avec les employeurs pour établir des normes mondiales. En effet, vendredi dernier, nous avons signé un accord avec l’Union postale universelle. De nombreux secteurs ont publié des lignes directrices à l’intention des employeurs.

Nous nous mobilisons pour inciter les employeurs à accorder des congés de maladie intégralement rémunérés et à exiger un espace de travail suffisant pour permettre la « distanciation ». Nous invitons les travailleurs non syndiqués à s’organiser pour exiger des conditions de sécurité. Il n’est pas exagéré de demander du désinfectant pour les mains dans un centre d’appel ou des masques au supermarché. Et les soignants ne devraient jamais être contraints de travailler sans protection.

Ce travail n’est pas à prendre à la légère. Au moins trois membres des affiliés d’UNI, tous travaillant dans le secteur public et exposés au contact avec la population, sont déjà décédés après avoir contracté le coronavirus : un postier, un employé de supermarché et un agent de sécurité. Leur nombre risque malheureusement d’augmenter.

Et une fois la crise terminée, nous devrons recoller les morceaux d’une économie brisée et construire une nouvelle économie verte reposant sur un nouveau contrat social. Nous resterons unis tout au long de cette crise et nous en sortirons plus forts.

Merci pour le travail que vous accomplissez chaque jour pour améliorer la vie des travailleuses et travailleurs. Faites attention à vous et restons en contact.

En toute solidarité.

Christy Hoffman – Secrétaire générale