Filpac CGT / Syndicat CGT Cellulose du pin Saint-Gaudens
Saint-Gaudens mérite de vivre
30 janvier 2026
• Saint-Gaudens, le 28 janvier 2026
L’appel à manifester samedi à 14 heures à Saint-Gaudens est une alarme. Une vraie. Un coup de poing sur la table pour forcer le gouvernement à ouvrir les yeux sur la situation de la papeterie. Parce que oui, il y a urgence. Une urgence industrielle, sociale, et territoriale.
Si rien ne bouge, Fibre Excellence Saint-Gaudens fermera le 31 mars. 350 salariés jetés et tout un bassin de vie qui encaisse le choc. Voilà la réalité. Le site traverse une crise d’une brutalité rare. En trois ans, le prix du bois a explosé de 50 %. En six mois, la demande de pâte à papier a chuté de 20 %. Résultat : une surproduction sur un marché saturé, des prix qui en chute libre, et une usine poussée doucement vers l’asphyxie. Comme si cela ne suffisait pas, la production d’électricité via la chaufferie biomasse, pourtant vertueuse, coûte un pognon de dingue : coûts élevés, prix de revente dérisoire. Ceux qui produisent proprement sont sanctionnés ; pendant que d’autres parlent de transition écologique dans les salons.
Pendant ce temps, les salariés tiennent. Semaines d’arrêts partiels, parfois totaux, perte de revenus, incertitudes permanentes… et malgré tout, ils s’accrochent. Ils défendent leur outil de travail avec une dignité qui devrait inspirer plus d’un décideur. La solidarité ouvrière n’est pas un slogan.
L’Etat doit lâcher prise
Les représentants du personnel, dont plusieurs élus de la Filpac CGT, multiplient les allers-retours à Bercy. À force d’insister, l’usine a été placée sous perfusion : reports de cotisations sociales et fiscales, accélération des remboursements de crédits de TVA. Des discussions sont engagées avec le ministère de l’Agriculture et l’ONF sur la question du bois. Prochain rendez-vous à Bercy le 7 février. Très bien. Mais ça ne suffit plus.
Il faut maintenant des décisions de fond. Revoir les contrats de rachat de l’électricité. Sortir de ces mécanismes absurdes, conçus loin du terrain, qui étranglent ceux qui produisent localement et proprement. Le modèle de Saint-Gaudens ,avec sa papeterie et sa chaufferie biomasse, est un circuit industriel vertueux. Il fonctionne. À condition que l’État assume enfin une politique industrielle cohérente avec ses grands discours sur la décarbonation.
L’avenir est dans le papier
Produire localement, transformer localement, valoriser l’énergie sur place… Cela s’appelle la souveraineté industrielle. Avec des usines qui tournent, les savoir-faire qui vivent, les salaires qui font vivre les territoires.
Fibre Excellence Saint-Gaudens est une chance pour la Haute-Garonne et pour ses 350 salariés. Le saccage de nos industries et de nos territoires n’a rien d’une fatalité : c’est un choix politique. Ce qui est choisi peut être corrigé.
À Saint-Gaudens, l’histoire ouvrière, la compétence, le savoir-faire ne doivent pas disparaître d’un simple trait de stylo comptable.
Maintenir une papeterie, ce n’est pas défendre le passé : c’est préparer l’avenir. •


