Filpac CGT / Papète Tartas
TARTAS, un an d’an pire : le bilan
22 décembre 2025
Voilà déjà un an que le nouveau locataire du bureau de la direction a pris ses quartiers à la Papète. Très vite, une fois débarrassé de son prédécesseur, il a pu se rendre compte que le placard à dossiers « sensibles » débordait. Les dossiers menaçaient de lui tomber dessus et en bon expert de la sécurité, conforté par des conseillers zélés, il a préféré condamner la porte, pensant éloigner le danger. Mais voilà… tôt ou tard la réalité finit toujours par resurgir.
Tout avait pourtant bien commencé. En janvier, les NAO avaient démarré presque dans les temps, presque sans avoir à insister. Elles ont même abouti plus tard à un accord reprenant presque à l’identique, les revendications raisonnables et fondées, portées et défendues dès le départ par la CGT.
L’atmosphère était au beau fixe. Seules quelques odeurs nauséabondes qualifiées « d’épisodes olfactifs » et un DRH intérimaire au contrat inter-minable, osaient venir contrarier ce climat apaisé.
Malgré plusieurs alertes lancées en CSE dès l’automne 2024 et en comité de groupe au sujet de ces effluves toxiques, l’immobilisme de la direction, envoyée en première ligne par Christian Ribeyrolle, a eu pour conséquence la révolte légitime des citoyens et des salariés.
En février 2025, un droit d’alerte « risque grave pour la santé publique et l’environnement » a été lancé par le CSE. RYAM Tartas faisait alors l’objet de multiples plaintes, évacuations, pétitions, psychoses. Intervention des pompiers sur site, des services de la préfecture, ont finalement abouti à la première provocation de taille de la part du nouvel empereur du site : la sanction d’un A.M. pour avoir osé arrêter ponctuellement la production pour mettre son équipe en sécurité.
Toutes ces pressions devenues publiques ont fini par faire descendre les dirigeants de leur tour d’ivoire. Ils ont été contraints de communiquer sur la situation au travers d’une réunion publique.
Comme par miracle, et par un concours de circonstances concomitant au traitement des effluents avec « notre très chère » soude, les nuisances ont subitement cessé. Pour la direction, c’était « le fruit de longs mois de travail ».
L’air ambiant étant redevenu respirable, un nouvel arrivant à la tête du service maintenance a présenté au CSE « sa vision » de la réorganisation d’un service qu’il ne connaissait pas encore. Juste des noms à mettre dans des cases, rien de bien compliqué, C’était imminent et on en discuterait après.
L’arrêt annuel s’est déroulé comme prévu, avec son lot de problèmes. A peu près tout ce qui a été touché a dysfonctionné au redémarrage : filtre VFA, diffuseur, chaudière AEE, Cyclogalax, passage sur Valmet UI, filtre D2, bobineuse, CDT…Et que dire du reste des installations qui n’ont fait l’objet d’aucune attention et qui continuent de tomber en décrépitude ?
L’empire contre-attaque !
En parallèle, les provocations ont continué : contestation d’accidents du travail, intimidations. L’étude risques psychosociaux au sein du service supply-chain s’est transformée en projet de licenciement d’un salarié protégé. La direction a persisté dans son refus de transparence sur les conventions entre Tartas et Bionova. La demande de création d’un poste de 7éme factionnaire, argumentée et justifiée a été systématiquement refusée. Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour déclencher un conflit. D’aucun pourrait penser que c’est ce qui était recherché par un CODIR revanchard et va-t-en-guerre.
Contrairement à ce qui a pu être dit, cette lutte était nécessaire et légitime. Elle a été massivement suivie. Les salariés ont pu constater l’entêtement d’un CODIR prêt à tout, sauf à se remettre en question. 9 jours d’arrêt de production plus tard, la direction ne daignant pas nous contacter, il a fallu provoquer une rencontre qui restera dans les annales de la Papète, mais pas pour son niveau « d’intelligence situationnelle ».
Le CODIR ne cédant sur presque rien et ne manifestant aucune intention de sortir dignement de ce conflit, il a fallu que ce soient les grévistes qui fassent preuve de responsabilité et décident collectivement de suspendre le mouvement pour éviter que la situation déjà désastreuse n’empire. Face au comportement dénué de bon sens et à l’incapacité de ses interlocuteurs au dialogue social, les élus CGT ont décidé de boycotter toutes les réunions d’instances (CSE, CRIC, CSSCT).
Le rôle des élus CGT, représentants du personnel, n’est pas de servir de chambre d’enregistrement, ni d’écouter des sermons récités sans conviction au cours de messes périodiques.
L’impact de la stratégie absurde de la direction sur les salaires des grévistes a été en partie compensée en sollicitant un fond de solidarité créé par la CGT. Ce fût une première à Tartas.
Depuis le milieu du mois de juin de cette année, la direction a eu tout loisir de prendre, sans contradiction de notre part, toutes les décisions pour redresser la situation de l’entreprise.
Le 1er octobre, à travers une communication diffusée à l’ensemble du personnel, la direction faisait état « d’une situation financière sans précédent », comptant sur « les efforts, la solidarité et l’implication de tous ». Les salariés de la papète auraient aussi pu espérer compter sur une direction responsable, à l’écoute, et essayant de créer de la cohésion, mais il n’en est rien.
On a souvent plus l’impression d’avoir à faire à un groupe de quelques salariés de rang supérieur qui ne manquent pas l’occasion de s’auto-congratuler et de communiquer via Ryam Corporate sur leurs talents souvent trop méconnus. Oui, si vous ne vous ne vous en étiez pas rendus compte, reprenez les communications de RYAM Corporate et vous verrez que nous sommes managés par des gens formidables !
Ayant depuis longtemps abandonné le terrain, la direction de RYAM Tartas semble tout miser sur la communication avec les salariés. L’opinion s’achète à coup de café / croissant et de faux CSE. Mais malgré tous les efforts de propagande, les résultats sont là, et ils sont mauvais.
L’entreprise ne gagne plus d’argent en vendant de la pâte depuis trois ans. Le faible taux de disponibilité des équipements, ne permet pas une production pérenne et les investissements ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Toute honte bue, les dirigeants du groupe France feignent de s’étonner qu’aucune demande de CAPEX stratégique ne leur ait été présentée pour 2026. D’où est-ce que cela peut bien provenir ? Depuis la réorganisation sauce Busnot, nous avons pourtant pléthore d’ingénieurs pour analyser ce qui dysfonctionne et faire des propositions, et nous « bénéficions » encore d’un véritable « puits de science » pour nous aider à relever tous les défis. Alors, qu’est-ce qui cloche ? Nous ne pouvons pas croire qu’il y ait des menteurs dans les dirigeants, il est plus probable que les courriers se perdent entre Tartas et Dax. Il faudrait changer de messager et utiliser plutôt celui qui est chargé de remonter les dividendes, ce dernier ne s’est jamais perdu !
On pourrait alors penser se rassurer avec les résultats de la sécurité sur le site ? Mais il n’en est rien. Avec déjà 33 accidents avec arrêt et 17 sans arrêt, là aussi, les chiffres sont catastrophiques.
Décrire tous les mauvais indicateurs serait trop long, mais un indice révélateur est celui des entretiens individuels réalisés (comptant dans les critères de calcul de l’intéressement). A quelques jours de la fin de l’année, leur taux de 25% révèle l’incapacité de la direction de faire appliquer la moindre directive à ses managers.
Pourtant, rassurez-vous, il reste un domaine dans lequel l’activité de l’usine excelle : celui de la quête des places. A la faveur d’une réorganisation imposée, le grand jeu des chaises musicales bat son plein. Les compétiteurs ont tous leur chance, puisqu’il n’est pas question de qualification mais d’ambition et de docilité. A l’instar de ce qui se passe au sommet de l’état, pour préserver leur place et ne pas être chamboulés ou contredits, les membres du CODIR recherchent la stabilité comme des ministres serviles.
Contrairement à ce que disait Einstein, il n’y a pas qu’un fou qui peut penser espérer des résultats différents en faisant toujours la même chose, mais aussi les dirigeants de Ryam !
Retour à l’anormal :
A la CGT, nous sommes régulièrement qualifiés de gêneurs et d’empêcheurs de tourner en rond, tous les maux de l’usine nous seraient imputables. Pourtant, avec le recul, nous sommes forcés de constater que la période de mise en retrait de notre syndicat n’a rien apporté de positif pour la Papète. La direction n’a pas redressé la barre d’un bateau à la dérive, saboté avec acharnement depuis des années, les autres organisations syndicales n’ont rien produit, ni proposé de visible.
En 2026, fort de ces constats et consciente des enjeux, la CGT de Tartas va revenir aux affaires dès le mois de janvier pour défendre l’avenir de la Papète et de ses salariés, dans un contexte qui sera forcément compliqué et nécessitera de la part de tous, détermination, cohésion et solidarité.
Il est grand temps de mettre fin à l’an pire !
Le Syndicat Filpac CGT La Papète Tartas souhaite une bonne année à tous les salariés et à leur famille, ainsi qu’à tous les prestataires, fournisseurs, sous-traitants qui œuvrent au quotidien pour que fume la Papète !



